Peintures et sculptures européennes - XXe siècle

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Cyprès à Cassis - DERAIN André
 
DERAIN André (Auteur)

Cyprès à Cassis

1907
Peinture, Huile sur toile
46 x 38 cm
Musée de Grenoble
Legs Agutte-Sembat en 1923, Inv.: MG 2238
© ADAGP
Photographe : © Musée de Grenoble

Le thème du paysage aux cyprès se retrouve dans plusieurs tableaux que Derain réalise en 1907 à Cassis durant un séjour estival. Cette année-là marque une période de transition pour l'artiste : s'il ne rompt pas complètement avec les souvenirs du fauvisme, il n'adhère pas non plus au cubisme de Braque et Picasso qu'il fréquente alors.
Dans sa peinture fauve Derain s'est toujours montré soucieux de construire, et de rendre la forme dans sa totalité. Il lui est donc plus facile qu'à ses amis fauves d'orienter peu à peu ses recherches vers une stylisation, une abstraction des formes qui apparaissent déjà dans cette toile.
Pour parvenir à la construction de cet espace sans profondeur, il supprime tout modelé et ordonne les principaux éléments du paysage selon un schéma rigoureux. Il dispose la masse sombre des arbres entre les deux zones claires du ciel et du sol, afin d'assurer à chacune de ces trois surfaces colorées le maximum de stabilité et d'autonomie. Autonomes, ces nappes colorées sont tout de même reliées entre elles par la présence d'un cerne noir qui les parcourt et devient générateur de rythme. S'il renonce à l'éclat de la couleur, le peintre ne néglige pas pour autant les effets de contraste. Ceux-ci sont obtenus par une opposition radicale des teintes oranges, vertes et bleues. L'exubérance irréaliste de la couleur fauve est ici oubliée au profit du ton local. La facture reste apparente, à la manière de Van Gogh, mais les touches vigoureuses qui animent les surfaces, ne nuisent pas à la lisibilité de l'ensemble.
L'assombrissement de la palette et la rigueur de la construction donnent à ce paysage un accent de sévérité. Derain continue de magnifier la nature, mais dans un langage plus dépouillé voire austère.

 

LIEU DE CONSERVATION