Kees Van Dongen a peint plusieurs versions du Portrait de Fernande Olivier, la compagne de Picasso : l'une, datée de 1905, de plus grand format, et qui laisse voir une partie du buste du modèle et l'autre, de 1906, dite aussi l'Espagnole, qui montre l'effigie de trois-quarts et vêtue. Toutes deux, exposées en 1908 à Moscou dans l'exposition "La Toison d'Or", appartiennent à une collection particulière. La version du musée Fabre, plus tardive et d'un format plus réduit, montre seulement le visage de la jeune femme. Installé au Bateau-Lavoir, où il a pour voisins Picasso et Fernande, Kees Van Dongen fait appel à cette dernière qui devient ainsi son premier modèle. Coiffée d'un chapeau au turban rose, elle ne laisse échapper aucune émotion et sa carnation pâle est relevée par une bouche et des yeux maquillés. La touche, modelée par endroits, notamment au niveau des arcades sourcilières, du nez et du cou, donne à ce tableau un caractère sculptural. L'irrégularité de la facture, le contraste des couleurs, la frontalité du motif et le choix du cadrage resseré font de ce portrait une oeuvre novatrice. Appartenant à la période fauve de l'artiste et à la série de ses portraits féminins, cette peinture rappelle Le Portrait de madame Matisse, dit La Raie verte, de Matisse, daté de 1905, appartenant au Statens Museum for Kunst de Copenhague.