Il s'agit d'une allégorie inspirée par un événement d'actualité : Missolonghi, ville portuaire située à l'entrée du golfe de Corinthe, fut assiégée pour la troisième fois par les Turcs en 1826. Le 22 avril 1826, ravagée par la famine et les épidémies, elle se rend. Une partie de la population avait préféré se donner la mort en faisant sauter l'arsenal, plutôt que d'être emmenée en esclavage. Mais, trois ans plus tard, le pays devait se libérer des Turcs. La figure féminine centrale en costume grec traditionnel, agenouillée, défaillante, mais animée du désir de survivre, symbolise le pays tout entier. En 1830, dans La liberté guidant le peuple, Delacroix utilisera également une femme comme symbole. A ses pieds, sous les décombres sanglants de la ville en ruines émerge la main d'une victime - est-ce une allusion à un poème de Lord Byron, mort dans cette ville le 9 avril 1824, ou un hommage à Géricault ? A l'arrière - plan, sur le fond sombre, un janissaire turc - qui en fait est noir - enturbanné et richement habillé, plante son drapeau dans le sol de la Grèce et représente l'oppresseur.