L'hétérogénéité du quatrième ensemble de sculptures de la Daurade peut dérouter. Cependant nombre de ces seize chapiteaux en calcaire, de styles différents et de localisations inconnues à l'intérieur du monastère, se situant aux alentours ou dans la deuxième moitié du XIIe siècle, reflètent ce goût pour le répertoire décoratif qui caractérisa à partir des années 1140 la phase de mutation de l'art roman. Ils marquent véritablement, après la maturité et la plénitude qu'offraient les œuvres du second atelier, la « baroquisation » de cet art, de même qu'ils illustrent l'extraordinaire créativité des artistes du monastère clunisien.
Quatre chapiteaux illustrent magistralement le raffinement, la préciosité et la virtuosité que purent atteindre les sculpteurs romans toulousains. Datés du milieu du XIIe siècle et proches du style du second atelier, les deux chapiteaux appliqués de colonnes jumelles intitulés Résille habitée, où se débattent dans un enchevêtrement végétal personnages et animaux et dont le sens du détail va jusque dans les différences d'épiderme, préludent à l'accomplissement que trouveront cet art de la miniaturisation et le thème du « rinceau habité » sur les chapiteaux de colonnes jumelles l'Histoire de Job et la Chasse à l'ours (ici illustré). La finesse et le rendu des détails, la précision anatomique et l'ornementation des vêtements sont tels qu'ils évoquent, à ce niveau de perfection, l'art des orfèvres.