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La peinture française au temps de Madame de Pompadour dans les collections FRAME
Profitant de la richesse des collections FRAME, l’exposition initiée par le Portland Museum of Art et le Musée des Beaux-Arts de Tours prétend se concentrer sur une période relativement brève de 1745 à 1765 environ, une vingtaine d’années situées au mitan du siècle, qui correspondent presque exactement au « règne » de Madame de Pompadour.
La cinquantaine de tableaux, signés des plus grands noms, illustreront bien sûr la variété des sujets, ne serait-ce qu'à travers la représentation des différents genres : l'histoire (la religion, la fable, l'Antiquité, la littérature) le portrait (mythologique ou non) la scène de genre, le paysage, la nature morte ; ils permettront de rendre compte également de la variété des commanditaires, de la Surintendance des Bâtiments pour plusieurs des grandes résidences de la favorite royale (Van Loo pour Bellevue, Boucher pour Crécy) ou pour la manufacture des Gobelins (C. A. Coypel), à certains des amateurs les plus éclairés de leur temps (Watelet ; L'Enlèvement d'Europe de Pierre Gougenot, son Portrait par Greuze ; Madame Geoffrin, les tableaux de Vernet et de Vien). Surtout ce rassemblement d'œuvres aux sensibilités si diverses portera l'accent sur les nouveaux débats esthétiques qui animent la génération de Madame de Pompadour, qui est aussi celle des encyclopédistes. La naissance de la critique d'art (La Font de Saint-Yenne, dont le premier ouvrage est publié en 1746), de l'histoire de l'art (Caylus), l'émergence des Salons (ceux de Madame de Tencin, Madame Du Deffand, Madame Geoffrin pour laquelle trois des tableaux de l'exposition auront été peints), les disputes sur le goût, exercice permanent du jugement selon Montesquieu, sont autant de caractéristiques d'une période foisonnante où l'opinion trouve son mot à dire, parfois au grand dam des Académiciens eux-mêmes. Le voyage d'Italie marque les esprits, de Marigny à Greuze, à la recherche d'une nouvelle dignité de la grande peinture d'histoire mais aussi en quête d'un nouveau naturel, d'une perception plus personnelle et plus immédiate (Hubert Robert, Fragonard). D'une certaine manière, cette agitation multiple des esprits insatisfaits de la médiocrité de routine, de l'artifice rocaille et de la « manière », cet amour de la « belle nature » sont confortés par la recherche historique et archéologique, favorisant l'éclosion du « goût grec » auquel Madame de Pompadour elle-même sera sensible, tandis que des personnalités inclassables et admirées (Chardin, Fragonard) poursuivent leur propre exigence.
Vingt-quatre musées français et américains participent à cet événement,
la plupart membres de FRAME (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon,
Marseille, Rennes, Rouen, Strasbourg, Cleveland, Dallas, Hartford, Los
Angeles, Minneapolis, Pittsburgh, Richmond, Saint-Louis, San Francisco,
Williamstown) auxquels se sont associés le Louvre, Narbonne, Orléans,
Versailles, prêtent à cette occasion certains de leurs chefs-d'oeuvre exceptionnellement
réunis à Tours afin d'illustrer l'excellence de la peinture française
au XVIIIème siècle
L'exposition du Musée des Beaux-Arts de Tours, organisée sous l'égide
de FRAME (French Regional American Museum Exchange), sera présentée
ensuite au Portland Art Museum ; elle est reconnue d'intérêt national par le
ministère de la Culture et de la Communication / direction des musées de
France et bénéficie à ce titre d'un soutien financier exceptionnel de l'Etat.
Éric Garin - Musée des Beaux-Arts de Tours
chargé de l'action culturelle et de la communication
e.garin@ville-tours.fr
+33(0)247056873
La peinture française au temps de Madame de Pompadour