Vous êtes ici :
Accueil
Musées
France
Musée Fabre, Montpellier
Le mythe de l'artiste qui perdure jusqu'à nos jours, naît à l'époque romantique. Ce jalon temporel sert de point de départ au parcours moderne. Romantisme, Orientalisme, Réalisme, Impressionnisme, Fauvisme se déclinent jusqu'à l'apparition de l'abstraction, qui domine la fin des collections, et consacre le renouveau de la peinture jusqu'à l'époque contemporaine.
Le premier niveau du collège des Jésuites met en relief les tensions qui traversent la peinture française entre 1830 et 1850. Partagés entre des aspirations classiques (Ingres, Cabanel...) et l'expression du sentiment romantique (Delacroix, Géricault...), les peintres oscillent entre une technique lisse, au dessin précis et la libération des passions exprimée par la force des couleurs. La peinture de paysage, elle-même profondément renouvelée, se partage entre un goût pittoresque (Richard, Danvin) et l'expression d'une sensibilité nouvelle envers une nature humanisée et poétisée (Corot, Rousseau). Ces diverses aspirations sont particulièrement sensibles à travers la collection d'Alfred Bruyas (1821-1877), collectionneur aussi riche que passionné, qui consacra sa vie et sa fortune à soutenir l'art de son époque et constitua une galerie unique en son genre, qu'il destina au musée de sa ville natale. Son amitié avec Gustave Courbet (1819-1877) vaut au musée Fabre un ensemble considérable de toiles, dont la Rencontre et les Baigneuses. Le peintre montpelliérain Frédéric Bazille (1841-1870) poursuit cette exploration du réel, en fondant avec ses amis Renoir, Monet, Sisley, les bases d'une nouvelle peinture, l'impressionnisme.
Après ces recherches, les avant-gardes du début du XXe siècle vont consacrer l'usage brutal et dynamique de la couleur (Matisse, Van Dongen, Delaunay, Kupka...) mise au service d'une sensibilité toute moderne. La question de la figuration revient sans cesse au cours du XXe siècle et se trouve ébranlée à la fois par les épisodes tragiques de l'histoire mondiale et la tentation de l'abstraction, phénomène majeur de la peinture moderne et contemporaine. L'oeuvre du sculpteur Germaine Richier (1904-1959) questionne sans relâche l'identité humaine, scrutée jusque dans ses profondeurs et ses retranchements. Elève de l' école des Beaux-Arts de Montpellier, restée fidèle à ses racines, elle s'inspire également de la faune méridionale pour ses êtres hybrides, où se révèle la part animale qui habite et déchire l'humanité. L'oeuvre de Pierre Soulages, né en 1919, s'impose dans les années 50 sur la scène internationale par une impressionnante rigueur, un geste très contrôlé, l'alliance de la lumière et de la matière et une gamme limitée de couleur. La proximité de l'artiste avec le musée Fabre s'est conclue en 2002 par une donation exceptionnelle de 22 toiles, représentative de l'oeuvre de 1952 à nos jours. Les collections contemporaines s'achèvent sur un hommage à la création en Languedoc-Roussillon, avec le groupe Supports / Surfaces (Viallat, Bioulès, Cane, Dezeuze..) qui à partir de 1969-1972 pousse aux limites la réflexion sur les constituants de la peinture, toiles, chassis couleur, corde...dont les capacités plastiques sont systématiquement explorées.