Benjamin-Constant Merveilles et mirages de l’orientalisme

Benjamin-Constant (1845-1902) Merveilles et mirages de l'orientalisme

L'exposition a été co-organisée par le Musée des Augustins de Toulouse et le Musée des Beaux-Arts de Montréal

Les étapes de l'exposition sont les suivantes :

Musée des Augustins de Toulouse : 4 octobre 2014 - 4 janvier 2015

Musée des Beaux-Arts de Montréal : 31 janvier 2015 - 31 mai 2015

Paris, le 3 juillet 2014 – Première co-production du Musée des Augustins de Toulouse
et du Musée des beaux-arts de Montréal, cette exposition sera présentée du 4 octobre
2014 au 4 janvier 2015 au Musée des Augustins, Toulouse et du 31 janvier au 31 mai
2015 au Musée des beaux-arts de Montréal, Canada. Le projet de cette exposition a été
conçu dans le cadre de l’organisme de coopération franco-américaine FRAME (French
Regional American Museum Exchange). En France, cette exposition a reçu le Label
"Exposition d’intérêt national" du Ministère de la Culture et de la Communication.

À l’occasion de cette conférence de presse est également présentée l’oeuvre
monumentale de Benjamin-Constant : Le Jour des funérailles. Scène du Maroc (1889)
appartenant aux collections du Petit Palais spécialement restaurée pour cette
exposition par le musée des Augustins de Toulouse et le musée des beaux-arts de
Montréal. Grâce à cette restauration, l’oeuvre de Benjamin-Constant, en réserve
depuis de si nombreuses années, retrouvera enfin les cimaises du Petit Palais après
l’exposition.

Une exposition ambitieuse à la redécouverte d’un acteur majeur de l’orientalisme

Première rétrospective jamais organisée sur le peintre français Jean-Joseph Benjamin Constant dit Benjamin-Constant, l’exposition permettra de redécouvrir l’oeuvre d’un acteur majeur de l’orientalisme de la Troisième république, aujourd’hui tombé dans un oubli injuste, souvent confondu avec l’écrivain et homme politique Benjamin Constant, le célèbre auteur de Adolphe.

Dans la lignée d’un Eugène Delacroix qu’il admire, ce brillant coloriste se rapproche de l’orientalisme d’Henri Regnault, Mariano Fortuny, Georges Clairin ou Jean-Paul Laurens. S’emparant des stéréotypes d’un Orient colonial en suspens, Benjamin-Constant associe des odalisques nonchalantes à des Maures farouches dans le cadre de compositions gigantesques, précisément architecturées. Sa peinture d’histoire, d’inspiration byzantine ou biblique, complète sa veine orientaliste. Ses tableaux saisissants mettent en valeur des qualités chromatiques qu’il exprime avec une palette brillante.

Benjamin-Constant est également reconnu comme l’un des grands peintres de décors de son

temps et signe des oeuvres monumentales pour l’Opéra Comique, la Sorbonne, l’Hôtel de Ville
de Paris ou le Capitole de Toulouse… Enfin, il développe l’art du portrait mondain auprès
d’une clientèle de riches commanditaires. Ses activités comme portraitiste renommé – la reine
Victoria, le Pape Léon XIII – et comme professeur à l’Académie Julian où il a de nombreux élèves
étrangers, lui procurent une gloire internationale, notamment en Angleterre, aux États-Unis et
au Canada où il voyage régulièrement. Ces aspects de sa carrière et de son corpus seront étudiés
en particulier dans le catalogue monographique qui accompagne l’exposition.

Grâce à une recherche intensive, cette exposition-événement permettra de réunir les chefsd’oeuvre
connus de l’artiste dont certains monumentaux, ainsi que de nombreuses redécouvertes,
ses oeuvres étant souvent disséminées dans des collections particulières. Ses tableaux les plus
célèbres seront pour la première fois enfin rassemblés, et souvent restaurés pour l’occasion, tels
Les Chérifas du Musée de Carcassonne, Le Caïd Tahamy du Musée de Narbonne, Le Harem du
Musée des beaux-arts de Lille, la Judith du Metropolitan Museum of Art de New York, Le Soir sur
les terrasses
au Maroc, du Musée des beaux-arts de Montréal, Les Favorites de l’émir de la National
Gallery de Washington...

Même si elles manquent à l’appel, quelques oeuvres majeures font l’objet d’une étude dans le
catalogue : par exemple, la sublime Theodora du Museo de Bellas Artes de Buenos Aires qui ne
peut sortir du territoire pour des raisons légales, le Portrait de la reine Victoria appartenant aux
collections royales britanniques, qui est intégré en dessus-de-cheminée dans un salon de Windsor
ou encore le colossal Justinien du John and Mable Ringling Museum of art, Sarasota. Plus d'une
soixantaine de prêteurs participent à l’exposition : les musées et de nombreux collectionneurs
privés français, européens (Suisse, Grande-Bretagne, Espagne, Italie), nord-américains (États-
Unis et Canada) et même d’Égypte.

Une campagne de restauration pour l’exposition
Ex : Le Jour des funérailles. Scène du Maroc,
la renaissance d’un "monstre" de
Salon oublié

Pour cet événement, une campagne de restauration de grande ampleur, assumée par les deux
musées producteurs, a permis la redécouverte de plusieurs tableaux, conservés depuis des
décennies dans les réserves, et aux formats parfois hors normes comme les Le Jour des funérailles.
Scène du Maroc
(Paris, Petit Palais), dévoilé aujourd’hui, Les Derniers Rebelles (Besançon, dépôt
du musée d’Orsay), Les Prisonniers marocains (Bordeaux), ou Beethoven, la sonate au clair de lune
(Lille) ainsi que d’autres toiles du Musée du Quai Branly (Paris) et de l’École des beaux-arts de
Toulouse (ISDAT)…

Offert par la veuve de l'artiste à la Ville de Paris, le monumental tableau intitulé Le Jour des
funérailles. Scène du Maroc
(1889) était ainsi conservé roulé dans les réserves du Musée du Petit
Palais. Le projet de l’exposition permet non seulement sa restauration, financée par le Musée des
Augustins de Toulouse et le Musée des beaux-arts de Montréal, son installation sur châssis mais
également son réaccrochage dans les collections permanentes du Petit Palais où il est présenté
avant son départ pour Toulouse.

L’exposition au Musée des Augustins de Toulouse, du 4 octobre 2014 au 4 janvier 2015

Quoi de plus naturel que de rapatrier Benjamin-Constant à Toulouse, le berceau familial et le lieu
de sa formation ? Certes, c’est à Paris puis à Londres, New York ou Montréal qu’il connaîtra la
gloire. Toutefois, l’artiste au faîte de sa renommée ne manquait aucun banquet des Méridionaux
de Paris et revendiquait ses origines avec force. C’est à Toulouse que ce Parisien de naissance a été
élevé par ses tantes et qu’il a produit ses premières oeuvres hésitantes pour les prix municipaux
de peinture organisés par l’École des beaux-arts. C’est aussi pour cette ville que l’État acquiert
le premier succès incontestable de l’artiste au Salon, L’Entrée de Mehmet II à Constantinople.
C’est encore au Capitole, monument emblématique de la ville, que le peintre destina son seul
décor monumental en-dehors de Paris, le gigantesque tableau représentant L’Entrée d’Urbain II
à Toulouse
. Si le fonds d’atelier de l’artiste a été dispersé à sa mort à Londres en 1902, provoquant
un éparpillement de sa production dans des mains privées, le musée des Augustins n’en possède
pas moins l’ensemble le plus complet avec treize tableaux (une scène d’histoire orientaliste,
quatre esquisses, six portraits et un autoportrait, une Vanité), dont quatre entrés au cours des
dix dernières années.

L’exposition Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l’orientalisme permettra,
particulièrement à Toulouse, de redécouvrir tous les aspects du travail de l’artiste notamment les
esquisses des décors monumentaux dont il fut l’auteur à Paris ou au Capitole ainsi que sa période
de formation à l’École des beaux-arts de Toulouse. Sa production de portraitiste mondain et son
enseignement à l’Académie Julian à Paris sera également mise en lumière à travers un ensemble
de tableaux évoquant aussi bien ses portraits de commande que ses oeuvres plus intimes.
Se préparant depuis près de cinq ans pour cette manifestation, le musée des Augustins a effectué
des restaurations systématiques d’oeuvres du maître et enrichi le fonds Benjamin-Constant et
de contemporains par une active politique d'acquisitions, comme tout récemment un tableau
d’Henri Regnault.

L’exposition au Musée des beaux-arts de Montréal, du 31 janvier au 31 mai 2015

La présence de Benjamin-Constant est tout aussi évidente au Musée des beaux-arts de Montréal
qui conserve deux tableaux majeurs de son corpus : Le Soir sur les terrasses (Maroc) et Le
Lendemain d’une victoire à l’Alhambra
figurent parmi ses tableaux emblématiques, témoignages
des voyages en paquebot de l'artiste pour rendre visite à ses collectionneurs américains et
canadiens. Récemment, deux autres tableaux les ont rejoints sur les cimaises de Montréal.
Exposés en permanence, ils reçoivent l'accueil d'un public toujours conquis. L’exposition permet
d’examiner en profondeur le rayonnement international et précoce de Benjamin-Constant en
Amérique (collections, décor monumental, portraits et élèves).

Première exposition d’importance sur l’orientalisme au Canada, cette version élargie de
Benjamin-Constant : merveilles et mirages de l’Orientalisme développera les liens amicaux,
stylistiques et thématiques de Benjamin-Constant avec différents cercles artistiques spécifiques
proches de l’artiste à Toulouse (Laurens), en Espagne (Fortuny), au Maroc (Regnault, Clairin,
Tapiro, Cordero), avec la peinture salonnière orientaliste présentée à Paris (Dehodencq, Debat-
Ponsan, Gérôme, Rochegrosse...) et enfin avec son modèle romantique Eugène Delacroix.
Un riche appareil graphique, photographique et documentaire complétera cette exploration
depuis l’Espagne mauresque jusqu’au Maroc chérifain, entre mirages de la séduction et réalités
masquées d’une république des colonies. Les stratagèmes iconographiques d’une peinture
d’atelier seront étudiées, Benjamin-Constant manifestant une prédilection pour les scènes de
harem et les odalisques. Le Musée des beaux-arts de Montréal a invité les artistes marocaines
contemporaines Yasmina Bouziane, Lalla Essaydi, Majida Khattari à croiser leurs regards sur ces
stéréotypes.

PUBLICATION DU PREMIER OUVRAGE DE RÉFÉRENCE SUR BENJAMIN-CONSTANT

À l’occasion de cette rétrospective, une importante publication monographique sur Benjamin-
Constant regroupant quelque vingt auteurs de France, d’Espagne, du Canada et des États-Unis,
est réalisé par le Musée des beaux-arts de Montréal, sous la direction de Nathalie Bondil, en
collaboration avec le Musée des Augustins de Toulouse et les éditions Hazan pour la version française, et Yale University Press pour la version anglaise.

COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION

Nathalie Bondil, Co-commissaire. Directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal,
vice-présidente du Conseil des arts du Canada

Nathalie Bondil est conservatrice du patrimoin espécialisée en art depuis la fin du XVIIIe siècle à l’art moderne. Elle a initié, dirigé ou été commissaire de nombreuses expositions internationales.

Axel Hémery, Co-commissaire. Directeur du Musée des Augustins de Toulouse, conservateur en chef du
patrimoine spécialiste de peinture du XVIIeme siècle

Axel Hémery est à l’origine de belles redécouvertes d’artistes et co-commissaire d’expositions internationales comme Corps et Ombres, le Caravagisme européen.

Samuel MontiègeCommissaire associé. Docteur en histoire de l’art de l’Université de Montréal

Samuel Montiège est spécialisé dans les influences françaises dans l’art européen et nord-américain, et l’attrait qu’exerce auprès des étrangers la formation dispensée par l’École des Beaux-Arts et les Académies
parisiennes.

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le Flamant rose, 1876, Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM, Christine Guest

Jean-Joseph Benjamin-Constant

Paris 1845 – Paris 1902
Le Flamant rose

1876

Huile sur toile

65,3 × 92 cm

Signé et daté b.d. : Benjamin Constant 1876

Musée des beaux-arts de Montréal
Don de Philippe et Michèle Stora à l’occasion du 150e anniversaire du Musée des beaux-arts de Montréal

inv. 2010.730
Photo MBAM, Christine Guest